Journées du patrimoine

les 17 et 18 septembre 2011
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Les oiseaux au Kauwberg

Par C. Joukoff. réserves naturelles n° 2 avril 1987 R.N.O.B. Les ornithologues de la région bruxelloise connaissent bien le Kauwberg et plusieurs articles ont été consacrés à ce site durant ces dix dernières années (1) . Nous croyons cependant utile d'en reparler aujourd'hui car en dix ans le milieu s'est modifié et l'avifaune de notre pays a également évolué. Nous nous limiterons aux espèces peu communes pour l'agglomération bruxelloise.

Nidification et observations d'été

Les prairies du Kauwberg n'attirent pas les oiseaux en période de nidification. C'est dans les zones peuplées de buissons, d'arbustes et d'arbres que l'on trouve les populations d'oiseaux nicheurs.

La fauvette à tête noire et la fauvette des jardins sont bien représentées mais c'est une autre fauvette, assez rare dans la région bruxelloise, qui fait en partie l'intérêt du site : il s'agit de la fauvette babillarde dont un couple niche chaque année, attiré notamment par les nombreux buissons d'aubépine. D'autres insectivores, bien présents dans la fin des années 70, sont devenus irréguliers ou ont même disparu : la fauvette grisette et la rousserolle verderolle. Une des raisons de leur disparition est sans aucun doute la modification de la végétation de leur territoire habituel. À cause de la croissance des arbres et des arbustes, le milieu se ferme de plus en plus, alors que ces deux espèces réclament un espace dégagé pour nicher. D'ailleurs, la rousserolle verderolle se maintient, à quelques centaines de mètres de là, dans le vallon du cimetière, où la végétation dense mais de faible hauteur lui convient parfaitement. En ce qui concerne la fauvette grisette, une prairie du haut plateau, autrefois pâturée par des moutons, et qui se recolonise maintenant par la végétation, pourrait remplacer ses anciens sites de nidification. L'année dernière, un mâle y a chanté pendant deux semaines, indiquant ainsi que le lieu lui convient.

Autre conséquence de la croissance des arbres, le pouillot fitis voit ses effectifs décroître au profit du pouillot véloce et on a assisté en 1983 à une tentative de nidification du rougequeue à front blanc (note de l'éditeur web : cf. figure plus haut) qui est une espèce typique de milieu forestier.

 Parmi les oiseaux granivores, la linotte mélodieuse est toujours bien représentée ; le Kauwberg lui doit en parti son renom ornithologique car il est un des derniers sites de nidification de cette espèce dans l'agglomération. Le serin cini par contre connaît ici comme ailleurs un déclin très marqué (nidification possible en 1984 aux environs du Kauwberg et seulement quelques observations sporadiques durant les deux années suivantes). Par contre, un autre granivore est observé plus fréquemment depuis les années 80 : le bouvreuil pivoine (note de l'éditeur web : cf. figure plus bas) . Des observations régulières d'un couple tout au long de l'année permettent de penser qu'il niche au Kauwberg ou dans les environs immédiats. Certaines années, comme en 1984, un groupe assez important d'adultes et de jeunes y séjournent durant le mois d'août, exploitant les baies de sorbier dont ils consomment la graine. Le bouvreuil a profité sans conteste de la diminution de la tenderie qui, si elle existe encore à Uccle (j'ai eu l'occasion de le constater), est devenue sporadique.

Trois espèces de pics fréquentent également le site toute l'année même s'ils n'y nichent pas : le pic épeiche, le pic épeichette et le pic vert dont il reste encore un individu (ou un couple ?).

Migration de printemps et d'automne et hivernage  

Le plateau du Kauwberg culmine à une altitude de 100 m environ. Les migrateurs qui le survolent y passent donc assez bas et on peut les reconnaître à leur vol et à leurs cris. C'est surtout en automne que l'observation est aisée à cause de la vue étendue vers le nord et l'est, ce qui permet de voir les migrateurs arriver de loin. Mais l'intérêt du lieu en période de migration est surtout dû à l'attrait qu'il exerce sur certains oiseaux qui s'y arrêtent pour une période plus ou moins longue. Les insectivores séjournent volontiers au printemps et à l'automne dans les prairies du haut du plateau pour chasser les insectes : citons les trois espèces de traquets, le rougequeue à front blanc (note de l'éditeur web : cf. figure plus haut) et surtout le rougequeue noir, plus abondant et qui niche aussi dans le site, les deux espèces de gobemouches, la bergeronnette printanière et enfin le pipit des arbres qui, ces dernières années, y reste en nombre parfois pendant plusieurs semaines. Le merle à plastron affectionne lui particulièrement les prairies pâturées pour leur végétation fort rase (2). En automne et en hiver, une série d'oiseaux stationnent plus ou moins longtemps dans le site ou le visitent occasionnellement pour exploiter les fruits fournis par les arbres ou les plantes herbacées : le bouvreuil (note de l'éditeur web : cf. figure ci-contre) pour les baies de sorbier, les fauvettes pour celles du sureau noir, l'étourneau et les grives (surtout la mauvis) pour celles du cerisier tardif et de l'aubépine, les deux espèces de pinsons, le verdier, le tarin, le sizerin flammé, le chardonneret (note de l'éditeur web : cf. figure plus bas) et parfois le bruant jaune pour diverses graines. Celles-ci sont fournies par les plantes herbacées, les nombreux bouleaux, les églantiers ou encore par les aulnes qui subsistent dans la partie humide du site, le long de la chaussée de Saint-Job. C'est également à cette saison qu'on voit souvent un épervier, attiré par les nombreux passereaux.

Perspectives d'avenir

Qu'on soit un simple promeneur, amoureux de belles perspectives paysagères ou naturaliste chevronné, chacun trouvera un plaisir égal et toujours renouvelé à visiter le Kauwberg. Et si nous sommes vraiment très nombreux à vouloir conserver cet îlot de nature dans la ville, peut-être y aura-t-il encore à l'avenir d'heureuses surprises comme la nidification d'un râle d'eau en 1977, la halte migratoire d'un torcol en mai 1982 ou encore l'arrêt prolongé d'une bande de sizerins en avril 1986, alors que les migrateurs d'Afrique comme le coucou étaient déjà de retour.

C. Joukoff

Cet article a été rédigé sur base des observations faites depuis de nombreuses années par des membres de la société AVES. Je suis particulièrement reconnaissante à H. de Wavrin qui m'a aidée à améliorer mon texte par ses nombreuses suggestions et je remercie D. van der Elst pour sa remarque judicieuse.

(1) Le plateau du Kauwberg - Aspects ornithologique et faunistique. H. de Wavrin. Uccelensia - juin 1977 : 8 -12.
Avifaune nicheuse du Kauwberg. D van der Elst et O. Hanotte. Bulletin Aves n°4, vol. 15, 1978.
Le Kauwberg : une butte verte à Bruxelles, R. Langhendries. Feuille de contact R.N.O.B. n°4, 1982.

(2) Le statut du merle à plastron en Wallonie et en Brabant. D. van der Elst. Bulletin Aves n°2, vol 21, 1984.